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Français - VICE

De Bunker Nazi a un Temple de Techno Découvrez la fraysexualité, cette orientation sexuelle qui pourrait expliquer pourquoi vous vous ‘ennuyez’ si vite Tu sais quand tu saignes, mais pas pourquoi — et on en profite pour gagner de l’argent J’ai passé 15 mois sur une île déserte J'étais une Actrice Porno durant l'Âge d’Or de l’Industrie J’ai eu un Petit Ami IA Pendant un Mois Jmail : hackez le compte mail de Jeffrey Epstein L'USINE À CONTENU : « J’ai échappé le culte d’Andrew Tate » Derrière l’objectif de Maria Marrone En fait, personne n’aime les éjacs « Tout réapprendre » : ce qu’arrêter l’alcool change dans la vie amoureuse J’ai voulu transmettre le VIH de manière intentionnelle – et consentie Comment j’ai dégommé Malik au babyfoot pendant mon séjour en HP Découvrir The Vaccines le cœur brisé sur la côte anglaise
Un billet de sortie de la manosphère, s’il vous plaît
Tal Ben Yakir · 2026-07-02 · via Français - VICE

Si vous passez ne serait-ce qu’un peu de temps en ligne, vous avez probablement vu défiler une foule de personnes expliquant ce que signifie être un homme. Qu’il s’agisse de l’influenceur beauté Clavicular, qui se frappe le visage avec un marteau pour améliorer sa structure osseuse, ou d’Andrew Tate, qui fulmine sur les instincts biologiques masculins, Internet déborde de contenu issu de la manosphère.

Toute personne disposant d’une plateforme a quelque chose à dire sur la manière dont vous devriez être un homme. Toute personne disposant d’une plateforme peut gagner de l’argent en vous expliquant que vous ne vous y prenez pas correctement. Mais qu’est-ce qui rend ces créateurs de contenu chroniquement connectés particulièrement qualifiés pour parler de masculinité ?

Videos by VICE

Photographie: Tal Ben Yakir 

Depuis plusieurs mois, ils semblaient envahir mon fil d’actualité comme une plante grimpante invasive. Après avoir lu le mot looksmaxxing pour la trente-septième fois, j’ai perdu la raison. Wikipédia le décrit comme « une pratique d’amélioration de soi en ligne axée sur le processus consistant à maximiser son attractivité physique ». En gros, un ensemble de tactiques allant du simple bon sens (faire du sport) au complètement délirant (prendre de la méthamphétamine pour se couper l’appétit), dans le but d’avoir meilleure apparence. La différence entre les influenceurs du looksmaxxing et les gourous de la beauté en ligne est… inexistante, en réalité, si ce n’est que les premiers sont issus des communautés incel et en transportent avec eux une bonne partie des ressentiments anti-femmes. Mais les premiers adeptes du looksmaxxing évitaient le mot « beauté » ; désirer la beauté étant considéré comme quelque chose de féminin.

Le débat consacré à la définition de la masculinité est dominé par les voix les plus bruyantes, lesquelles définissent la virilité à partir d’une vision mythifiée de l’homme d’autrefois : fort, supérieur. Mais cet homme du passé aurait été attaqué par le féminisme et les valeurs progressistes ; désormais, les hommes seraient faibles, des soyboy pussies qui baisent même pas. L’homme devrait donc redevenir ce qu’il était autrefois : voilà ce qu’est un vrai homme. Que fait-il ? Il gagne de l’argent et il a des relations sexuelles. Qu’est-il ? Il n’est pas une femme.

Un collègue m’a dit : « Je ne sais pas ce que signifie être un homme, mais je sais ce que ça n’est pas. »

Il existe un vide définitionnel autour de la masculinité, et n’importe quel random avec un micro et le sens des affaires en profite. Mais si l’on retire le jargon agressif et les conseils d’investissement douteux, que reste-t-il réellement sur ces chaînes ? Ou, plus largement : si l’on retire les podcasteurs de la manosphère et les looksmaxxers body-dysmorphic, qui parle encore de masculinité ?

Photographie: Tal Ben Yakir

J’ai décidé de tenter de répondre à une vieille question sous un angle contemporain : qu’est-ce que la masculinité ? Surtout, je voulais démontrer que les podcasteurs de la manosphère avaient tort. J’ai commencé à interroger des collègues, des amis, les pères de certains amis, pour voir ce que des hommes — hors ligne, des hommes qui ne monétisent pas l’indignation — avaient à dire sur la masculinité. Voici ce voyage.

La masculinité comme compétence

L’un de mes collègues a évoqué le Yin et le Yang, expliquant qu’il associait la virilité à des « caractéristiques Yang : l’action, le mouvement, la rationalité, la logique ». Je lui demande s’il pense que ces qualités sont plus masculines que féminines. Il répond que non, pas intrinsèquement, mais que c’est ainsi qu’il a été conditionné à les percevoir. Après un silence, il ajoute : « Si tu veux comprendre ce que signifie être un homme, il faut d’abord comprendre ce que signifie être humain. Mais je ne pense pas que cela ait quoi que ce soit à voir avec le genre. Sinon on finit avec des idées ridicules du genre : “Aujourd’hui je vais faire un tour en voiture ou couper du bois parce que ça me fait me sentir homme.” »

Plus tard, lorsque j’interroge un ami, Matt, les caractéristiques évoquées par mon collègue me reviennent à l’esprit. Matt pense que la masculinité « se résume à la compétence. Être compétent, c’est bien faire les choses, les faire sans effort apparent, avoir une solution à chaque problème ».

« L’exemple le plus idiot pour moi vient de mes anciennes relations. Il y a des choses que certaines filles trouvaient attirantes et qui sont pourtant complètement absurdes, comme réussir à mettre une clé dans une serrure du premier coup sans tâtonner. »

Il poursuit : « Si tu regardes la manosphère, Andrew Tate et tous ces connards, ce qu’ils mettent en scène, c’est une forme de compétence. Si tu tombais sur une vidéo d’Andrew Tate glissant sur une peau de banane, par exemple, ça détruirait toute son image. »

Je réfléchis à cette idée de masculinité comme compétence, et je me rappelle une vieille publicité où un mari enlace sa femme qui tient une poêle fumante contenant quelque chose de brûlé. « Ne t’inquiète pas, chérie, tu n’as pas brûlé la bière ! » dit-il. Si la compétence est masculine, alors l’incompétence est-elle féminine ? L’épouse maladroite et le mari qui vient sauver la situation. Je me demande si cette association entre compétence et virilité n’est pas un autre vestige de nos anciennes conceptions genrées. Puis je me demande si le simple fait d’essayer de définir la virilité ne revient pas déjà à se soumettre à cet héritage.

Vieille publicité pour la bière Schlitz 

La compétence est un thème qui revient souvent chez les hommes à qui je parle. Philip, un ami, me dit : « Qu’est-ce que cela signifie, être un homme ? Être un homme, c’est faire confiance à son instinct. » Un autre ami, Sotiris, explique qu’une partie de sa définition repose sur « ces sentiments très stupides de virilité. Quand je construis ou répare quelque chose, comme un meuble cassé ou un objet mécanique, ça me procure une sensation de virilité ancestrale. »

Cette virilité ancestrale liée au fait de réparer des choses me rappelle les toilettes d’un restaurant où la porte des femmes était décorée d’une brosse à cheveux et celle des hommes d’un marteau. On retombe alors dans des stéréotypes superficiels : les cheveux longs contre le bricolage. Puis je pense aux Vikings, qui représentent sans doute l’incarnation ultime de la virilité. Ils avaient les cheveux très longs, qu’ils devaient forcément brosser. Il y a donc là une certaine incohérence.

J’aime assez l’idée de la virilité comme capacité à construire et réparer. Et il est vrai que tous les petits amis que j’ai eus adoraient monter une étagère pour moi. Mais les hommes prennent-ils réellement plaisir à faire ces choses, ou se sentent-ils également obligés de les faire ? Et ce sentiment d’obligation fait-il partie de la masculinité ?

Photographie: Tal Ben Yakir 

La masculinité comme responsabilité

Un autre ami, David, affirme qu’il se sent le plus viril lorsqu’il est dans « un état de responsabilité détendue. Quand je rentre chez ma famille, il faut que je m’occupe de quelque chose pour tout le monde, et que je le fasse avec naturellement. Ou encore, par exemple, dans le sport, lorsque je tire un penalty pour l’équipe. Je prends une responsabilité pour un groupe plus large de personnes, mais de manière sereine. »

Mais la responsabilité possède aussi son revers. Matt explique qu’il ne croit pas vraiment que certaines qualités ou certaines tâches soient intrinsèquement genrées, mais qu’une grande partie de la pression qu’il a ressentie pour correspondre à des définitions rigides de la masculinité est venue de ses relations amoureuses. « Mes partenaires romantiques attendaient de moi une certaine expression de la masculinité : être décisif, avoir un plan, savoir réparer des choses dans la maison, prendre les commandes en situation de crise. » Pourtant, il ne pense pas que ces traits soient réellement masculins, ni qu’ils devraient l’être.

La masculinité définie par la responsabilité pose également un autre problème : un problème économique. Dans son sens masculin traditionnel, la responsabilité est associée au devoir de subvenir aux besoins des autres, de protéger, d’être le soutien financier du foyer. Autrefois, elle impliquait même la responsabilité de devenir soldat et de combattre pour son pays. Or les réalités économiques du monde contemporain sont évidemment très différentes, et beaucoup des promesses associées à la virilité ne sont plus accessibles à la majorité des hommes.

Si vous ressentez la responsabilité de pourvoir aux besoins des autres, mais que l’économie des plateformes, le remplacement d’emplois par l’IA et l’augmentation du coût de la vie vous empêchent d’assumer ce rôle, où cela vous laisse-t-il en tant qu’homme ? C’est précisément ce qu’analysait Susan Faludi dans son livre Stiffed: The Betrayal of the American Man (1999). Elle y décrit comment l’évolution du marché du travail, la montée d’une culture valorisant davantage l’apparence que la substance, ainsi que l’érosion des institutions qui donnaient autrefois aux hommes un sentiment d’utilité et d’appartenance, ont laissé beaucoup d’entre eux désemparés. Les hommes continuent à entendre qu’ils devraient être des pourvoyeurs, des bâtisseurs, des protecteurs et des membres respectés de leur communauté. Pourtant, les conditions économiques et culturelles qui rendaient ces rôles possibles se sont érodées.

À travers ses entretiens et ses recherches historiques, Faludi met en évidence une transformation de la société américaine : là où celle-ci valorisait autrefois la loyauté, l’esprit d’équipe et la maîtrise d’un métier, elle s’est orientée vers une « culture ornementale » fondée sur la célébrité et l’image, « une société vidée de son contexte, saturée d’un individualisme compétitif dépourvu de savoir-faire ou d’utilité, et gouvernée par des valeurs commerciales centrées sur celui qui possède le plus, le meilleur, le plus grand, le plus rapide ». Ces observations, bien qu’écrites il y a vingt-cinq ans, semblent aujourd’hui plus pertinentes que jamais. Le livre montre également que notre crise actuelle de la masculinité n’est… finalement pas si actuelle.

Au cours de ses entretiens, Faludi rencontrait sans cesse la même question, celle que les hommes semblaient se poser à eux-mêmes : « Est-ce que j’ai de l’importance ? »

Photographie: Tal Ben Yakir 

La masculinité comme condition humaine

Au fil de mes entretiens, je revenais sans cesse à ce que mon collègue avait dit : comprendre ce que signifie être un homme fait simplement partie de la question plus vaste de ce que signifie être humain. « Est-ce que j’ai de l’importance ? » est avant tout une question humaine, pas uniquement masculine.

« Je suis comme je suis parce que je suis Matt, pas parce que je suis un homme », me dit mon ami. « Et j’aimerais qu’on me traite comme tel. Qu’on me traite comme Matt, pas comme un homme. Qu’on me juge comme Matt, pas comme un homme. »

En réalité, beaucoup des traits que les hommes associaient à la masculinité sont, selon moi, des qualités humaines plus que spécifiquement masculines. L’une des définitions proposées par Sotiris était : « Être un homme, c’est toujours essayer d’être la meilleure version de soi-même. »

Ce qui est amusant, c’est que ce message est précisément celui que diffusent les podcasteurs de la manosphère — avec une version toxique en supplément.

« Si t’es fauché, c’est de ta putain de faute. Si t’es gros, c’est de ta putain de faute. Si t’es triste avec un triple menton, c’est de ta putain de faute ! » déclare l’influenceur Myron dans son podcast FreshnFit. Votre meilleure version de vous-même est donc riche, musclée et sèche, apparemment. Le fait qu’une personne puisse être triste sans triple menton, ou heureuse avec un triple menton, n’entre pas dans la philosophie de Myron. Mais peut-être que le désir sous-jacent — devenir la meilleure version de soi-même — est précisément ce qui attire tant d’hommes perdus vers ces plateformes.

Que voulons-nous ? Nous voulons avoir de l’importance. Comment y parvenir ? En devenant la meilleure version possible de nous-mêmes. À quoi ressemble cette « meilleure version » ? C’est là que le discours part en vrille dans le bullshit.

Photographie: Tal Ben Yakir 

La masculinité à travers les relations

Lorsque nous demandons « Est-ce que j’ai de l’importance ? », nous voulons surtout dire : « Est-ce que j’ai de l’importance pour quelqu’un ? » Les êtres humains se définissent à travers leurs relations.

Philip m’explique qu’il se sent le plus homme « quand je peux être présent pour les personnes qui me sont proches, quand je peux être moi-même, quand je suis capable de faire quelque chose pour le bien commun, même si ce bien commun se limite à ma famille ». Anton, un autre ami, dit : « La virilité est un reflet des personnes avec qui je partage ma vie. Mes amis, les gens avec qui je passe beaucoup de temps ; c’est à travers eux que je reflète le plus ma masculinité. »

Une relation semble particulièrement fondamentale dans la construction de l’idée qu’un homme se fait de sa masculinité : celle avec son père. Presque tous les hommes à qui j’ai parlé ont mentionné leur père.

« Je suis un homme parce que je ressemble à mon père », dit Matt. « C’est un homme que j’admire profondément et dont j’ai reproduit certaines qualités : son calme, sa gentillesse, sa facilité à s’entendre avec les autres, le respect qu’il inspire autour de lui. » Il reconnaît immédiatement que le caractère masculin de ces qualités relève surtout d’une construction sociale.

Philip partage le même sentiment : « Être un homme, c’est suivre la voie de son père, puisque c’est l’homme qui nous est généralement le plus proche. Je pense qu’on définit ce que signifie être un homme à partir de son père. Le mien a toujours eu ce que certains appelleraient un “côté féminin”, quoi que cela veuille dire : une grande sensibilité. Cela m’a donné envie d’assumer ma propre sensibilité et ma vulnérabilité. Et pour moi, cela a toujours été ce qu’être un homme signifiait vraiment : être capable de parler de ses émotions. »

Mais beaucoup d’hommes n’ont pas de père qu’ils admirent. Dans le documentaire Inside the Manosphere, où Louis Theroux rencontre des influenceurs et adeptes de la manosphère, plusieurs hommes racontent n’avoir jamais eu de figure paternelle stable dans leur vie.

Le père d’un ami m’a confié qu’il n’avait jamais beaucoup réfléchi à son identité masculine avant d’avoir des enfants. Être un bon homme, c’est être un bon père, veiller à la sécurité et au bien-être de ceux qu’on aime. Le père d’un autre ami affirme qu’être un homme consiste à essayer d’améliorer la vie des femmes à travers le monde. La masculinité est définie et transformée par les pères et par la paternité.

Mais même lorsqu’un père est absent, il peut continuer à définir la virilité. « J’ai appris à être un homme par la négative », explique Anton. « Mon père, par exemple, n’a jamais vraiment été là pour ma mère ni pour moi quand je grandissais. Aujourd’hui, quand je repense à cette figure masculine absente dans ma famille, je prends toutes mes décisions en essayant de ne pas lui ressembler. C’est devenu ma boussole. »

La masculinité existe-t-elle vraiment ?

Dans son livre Manhood in America, Michael Kimmel retrace l’histoire de la masculinité aux États-Unis, mais son analyse dépasse largement ce contexte. Il montre que la masculinité n’est pas un ensemble stable de traits, mais un statut qui doit constamment être acquis, démontré et reconnu par les autres. C’est aussi un statut qui évolue sans cesse et qui peut être perdu. Kimmel en conclut que la masculinité américaine est une invention historique que les hommes ont régulièrement vécue comme une crise.

Une fois encore, un ouvrage de la fin des années 1990 semble étonnamment pertinent pour notre étrange année 2026. Si la masculinité est une invention en perpétuelle transformation, la question devient : vers quoi est-elle en train d’évoluer aujourd’hui ?

Sotiris répond : « Pour notre génération, la question est aussi de savoir ce qu’on ne veut pas être. Absent, violent, irrespectueux des limites des autres. C’est peut-être une image négative, et peut-être qu’on a aussi un vide quand il s’agit de savoir ce qu’être un homme signifie réellement. »

Anton ajoute : « Il est difficile d’avoir une version saine de la masculinité sans avoir l’impression de jouer un rôle ou d’être toxique. Alors quelle est la troisième voie ? Je ne sais pas. »

Lorsque je pousse vraiment les hommes à me donner leur définition de la virilité, ils n’arrivent pas à formuler une réponse claire. « Pour moi », dit Matt, « être masculin, c’est être moi. Je suis un homme parce que je suis un homme, et rien ne peut me retirer cela. » Il sait que la définition est circulaire, et il se demande : « Quand on est un jeune homme, comment est-on censé avoir confiance en une identité qu’on possède sans même pouvoir la définir correctement ? »

Photographie: Tal Ben Yakir 

Au fond, il n’est pas surprenant que la masculinité soit si difficile à définir. Si nous dressons une liste de qualités, nous finissons par nommer des traits qui, à y regarder de plus près, n’ont pas grand-chose à voir avec le genre. Si nous dressons une liste d’activités, nous définissons surtout des fonctions économiques et des conditions sociales. Les hommes à qui j’ai parlé, plus ils tentaient de définir la masculinité, plus ils semblaient en réalité décrire une bonne personne.

Peut-être compliquons-nous les choses inutilement. Certains des hommes interrogés m’ont dit qu’ils ne réfléchissaient presque jamais à la masculinité. Dans Le Deuxième Sexe (1949), Simone de Beauvoir soutient que l’homme est considéré comme l’être humain universel par défaut, tandis que la femme est définie comme l’« Autre ». La position par défaut est rarement celle qui nécessite le plus d’introspection.

D’autres hommes associaient au contraire la masculinité à quelque chose de primal, de fondamental. Lorsque je demande à David quand il se sent le plus homme, l’une de ses réponses est : « Quand je fais l’amour avec ma copine. » Peut-être est-ce aussi simple que cela.

« On pourrait me retirer tout ce que j’ai dans ma vie, tous les attributs considérés comme typiquement masculins, et malgré tout je continuerais à me sentir, au fond de moi, comme un homme », dit Matt.

Contrairement aux vendeurs de certitudes de la manosphère, beaucoup d’hommes ne semblent pas avoir de vision claire de ce qu’est la masculinité. Et cela se comprend : eux prétendent tout savoir. La certitude se vend bien. Essayer de convaincre les gens avec une analyse nuancée est probablement mauvais pour les affaires.

Où cela nous mène-t-il ? Pour commencer, nous pouvons cesser de mesurer la valeur des hommes à l’épaisseur de leur compte en banque. Nous avons aussi besoin que davantage d’hommes participent à la réflexion, qu’ils explorent tout le spectre de la masculinité — des hommes qui ne soient ni Andrew Tate ni sa clique. Peut-être qu’avec le temps nous finirons par élaborer une meilleure définition. Peut-être pas. Mais si j’écoute les hommes à qui j’ai parlé, il est peut-être déjà suffisant de savoir quel genre d’homme on souhaite être.