






















Vingt-quatre heures après l’incendie d’un immeuble de Décines-Charpieu (Rhône), qui a fait trois morts et une quinzaine de blessés, l’enquête, ouverte par le parquet de Lyon progresse. Thierry Dran, le procureur de la République de Lyon, accompagné de Nelson Bouard, directeur interdépartemental de la police nationale du Rhône, ont fait le point, ce mardi, sur cet incendie, « d’origine criminelle », serait lié à un règlement de comptes entre trafiquants de drogues.
Il était environ 7h30 du matin, ce lundi, quand un incendie s’est déclaré dans un immeuble d’habitation, qui compte sept étages, situé au 18 rue de Sully, à Décines-Charpieu (Rhône), situé dans le quartier populaire du Prainet.
Malgré l’intervention de plus de 80 sapeurs-pompiers et d’une trentaine d’engins, qui ont réussi à éteindre rapidement l’incendie, trois personnes, « deux hommes et une femme » ont trouvé la mort, a indiqué Thierry Dran. « Deux victimes ont été découvertes dans un appartement du septième étage », un homme de 28 ans et sa tante de 61 ans, et une troisième personne, un homme également âgé de 28 ans « qui ne résidait pas dans l’immeuble », a été retrouvée « à l’extérieur », , a détaillé le magistrat.
Ces trois personnes sont « totalement inconnues des services de police et de justice », a également indiqué Thierry Dran, qui a précisé que leur entourage ne serait pas non plus impliqué dans le trafic de stupéfiants. Les autopsies de leurs corps seront pratiquées ce mercredi matin.
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Quatorze autres personnes ont également été blessées. Elles ont été prises en charge en urgence relative, a fait savoir le parquet de Lyon dans un communiqué de presse. Une cinquantaine de résidents ont quant à eux été évacués vers un gymnase municipal.
Dans la foulée, le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour « dégradation par moyen dangereux ayant entraîné la mort », « homicide volontaire en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime en bande organisée ». Les investigations ont été confiées à la division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS). À ce stade, il n’y a « pas eu d’interpellations », selon le magistrat.
Des experts du Service national de police scientifique (SNPS) ont également été mobilisés pour analyser les débris de l’incendie. « Les expertises sont toujours en cours, nous n’avons pas les résultats », a fait savoir le procureur de la République de Lyon. Néanmoins, selon les premiers éléments de l’enquête, « au moins un départ de feu » a eu lieu à l’intérieur de l’immeuble, a poursuivi Thierry Dran, précisant que « l’incendie a été particulièrement violent au septième étage ».
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Des bonbonnes de gaz ont été découvertes sur les lieux, selon le procureur de la République, mais ces dernières ne seraient pas en lien avec les faits et appartiendraient à des locataires, a-t-il précisé. À ce stade, l’étage du départ de feu n’est pas formellement identifié, mais Thierry Dran confirme qu’il s’est déclaré dans les parties communes de l’immeuble.
« Aucune hypothèse sur les raisons précises des faits n’est privilégiée », a déclaré Thierry Dran, qui a ajouté qu’il était « totalement prématuré d’affirmer que les faits sont en lien avec le trafic de stupéfiant même si c’est une piste sérieuse ».
Si cette piste est « sérieuse », c’est notamment car la rue de Sully, où se trouve l’immeuble incendié, abrite plusieurs points de deal, selon les informations du Parisien. D’autant que ces dernières semaines, le quartier a connu plusieurs départs de feu d’origine volontaire, ainsi que des tirs dits d’intimidation. Vendredi 24 avril, une femme qui rentrait chez elle avec ses deux enfants avait été atteinte au mollet par une balle perdue dans des tirs visant cinq voitures en stationnement.
Ce lundi, après l’incendie, la préfecture a renforcé le dispositif de sécurité et déployé des CRS et des patrouilles Sentinelle autour de l’immeuble. Une cellule d’urgence médico-psychologique a été mise en place pour accompagner les habitants relogés après le sinistre.
Selon Nelson Bouart, directeur interdépartemental de la police nationale du Rhône, présent à la conférence de presse, plusieurs dizaines d’enquêteurs de la police nationale de Lyon sont mobilisés sur cette enquête. Cette dernière prend par ailleurs en compte la série d’incendies de ces derniers jours.
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