





















Ce dimanche 19 avril au matin, ce ne sont pas les habituels clients qui attendaient devant le bar tabac des Mortefontaines, à Deuil-la-Barre. À leur place, une dizaine de policiers nationaux et municipaux, aux côtés de représentants de la mairie. Les agents de l’État étaient présents pour faire appliquer la fermeture administrative décidée après l’agression d’une policière municipale.
Dans la nuit de vendredi à samedi dernier, peu après 0h40, les services de police sont appelés pour tapage nocturne dans le quartier des Mortefontaines. À leur arrivée, les policiers municipaux tombent sur une dizaine de personnes rassemblées devant l’établissement. Ce dernier est encore ouvert, alors même qu’un arrêté impose la fermeture des commerces de ce type après minuit le week-end.
L’intervention se tend rapidement. Au cours de l’opération, une policière municipale reçoit un projectile au visage. Légèrement blessée, elle s’est vu prescrire deux jours d’ITT et a déposé plainte. Un homme a été interpellé le soir des faits et placé en garde à vue.
Dans la foulée, la mairie de Deuil-la-Barre a décidé de demander la fermeture administrative de l’établissement pour une durée de quinze jours. Une mesure exécutée, donc, ce dimanche matin. Il appartient désormais à la préfecture du Val-d’Oise de maintenir ou d’adapter la durée de fermeture.
Une décision qui ne tombe pas de nulle part. Depuis plusieurs mois, les riverains dénoncent des troubles nocturnes récurrents autour du bar tabac. Nuisances sonores, attroupement, stationnements gênants… mais aussi soupçons de trafic de stupéfiants.
Le 25 février, une opération menée par les CRS visait déjà le bar. Elle avait conduit à l’interpellation d’un homme en possession de pochons de cocaïne et de barrettes de cannabis. Pour Slimann Tir, adjoint à la maire de Deuil-la-Barre en charge de la sécurité, cette arrestation ressemblait à une forme de « vente au comptoir », symptomatique des nouvelles formes de trafic de stupéfiants.

« Tout montre que le gérant ferme les yeux sur ce qu’il se passe dans son établissement », estime l’élu, qui dit mener une politique de « tolérance zéro » dans le quartier. « On a beaucoup travaillé pour apaiser les Mortefontaines. Il est hors de question de laisser ce quartier retomber entre les mains de personnes qui défient les forces de l’ordre. Je n’accepterai jamais qu’on s’en prenne à nos policiers municipaux », insiste-t-il, le ton ferme.
Selon la mairie, le gérant du bar tabac avait déjà été reçu, il y a deux ans, pour un rappel sur les règles de bon voisinage et les obligations liées à son activité. « Visiblement, cela n’a pas suffi », grince encore l’adjoint.
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