























Le ministre de la Justice Gérald Darmanin appelle, ce dimanche 17 mai dans une tribune publiée dans La Tribune dimanche, à rendre imprescriptible « les crimes commis sur les mineurs » afin de mieux lutter contre les violences sexuelles faites aux enfants.
« Le temps est venu de consacrer une justice au service de la dignité de l’enfant », martèle Gérald Darmanin, qui souligne qu’en France, « un enfant est victime de viol ou d’agression sexuelle toutes les trois minutes » et que dans la très grande majorité des cas, « l’agresseur est un membre de sa famille ».
« Nous avons besoin d’une révolution culturelle : ce qui se passe dans une famille n’est pas qu’une affaire privée », écrit le ministre de la Justice. « Un enfant violé dans sa chambre par son père est une victime qui doit être protégée par la République ».
Le garde des Sceaux annonce vouloir faire de la protection de l’enfance sa « priorité absolue dans les prochains mois » et appelle l’ensemble de la classe politique à « dépasser les clivages » pour agir rapidement.
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« J’entends ceux qui me disent que le calendrier parlementaire n’est pas le bon. Mais lorsqu’il s’agit de la vie des enfants, l’absence de courage politique est une faute morale. Le statu quo est lui-même une violence infligée à ces enfants qui sont notre avenir », écrit-il.
Afin d’inverser une logique où les institutions laissent trop souvent une victime entre les mains de son bourreau dans l’attente de preuves parfaites, Gérald Darmanin plaide pour l’instauration d’un « principe de précaution » immédiat.
Cette volonté s’incarnerait par un projet de loi, porté avec Stéphanie Rist, ministre de la Santé, instituant une « ordonnance de sûreté de l’enfant permettant au juge de protéger un mineur en attendant le résultat de l’enquête ».
[1/2] L’impensable parcours criminel de Willy Van Coppernolle
Selon la Ciivise, près de 160 000 enfants sont victimes chaque année de violences sexuelles en France. Au-delà des violences sexuelles, 60 mineurs ont été victimes de mort violente au sein de leur famille en 2022, selon l’Observatoire national de la protection de l’enfance, et 51 mineurs victimes d’actes de torture ou de barbarie en 2025 selon le ministère de l’Intérieur.
Mi-avril, un rapport parlementaire prônait l’imprescriptibilité des crimes sur mineurs. « Il s’agit de rappeler qu’on ne touche pas aux enfants et que si on y touche, on peut, même 40 ou 50 ans après les faits, devoir en répondre devant la justice », soulignait auprès de l’AFP la députée MoDem Perrine Goulet, co-rapporteure avec le député écologiste Arnaud Bonnet et la députée Alexandra Martin (Droite républicaine).
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