



























L’histoire folle d’Alex Batty a commencé en 2017 « par une semaine de vacances en Espagne » avec sa mère et son grand-père, qui n’étaient pas ses tuteurs légaux. « Après quelques jours, ma mère m’a dit que nous ne rentrerions pas », a raconté ce Britannique, enlevé par les deux adultes à l’âge de 11 ans, avant de réussir à s’enfuir en 2024, à nos confrères de La Dépêche.
En septembre 2017, le jeune Britannique de 11 ans s’envole pour Malaga, en Espagne, avec mère, Melanie, et son grand-père, David. Ces deux adeptes de la mouvance des « citoyens souverains », des défenseurs des théories complotistes qui refusent toute autorité établie, avaient perdu la garde d’Alex quand il était enfant, confié par la suite à sa grand-mère.
Pendant plusieurs années, l’adolescent suit sa mère et son grand-père dans des communautés spirituelles itinérantes au Maroc, en Espagne puis en France, où il a vécu « pendant quatre ans », raconte-t-il à nos confrères. « Je garde énormément de bons souvenirs », poursuit Alex Batty.
« Nous avons passé plusieurs mois à travailler », explique Alex Batty. Le jeune homme, qui va bientôt fêter ses 18 ans, à alterner les petits boulots dans le bâtiment avec son grand-père ou dans un Airbnb à la Bastide (Pyrénées-Orientales). « Avec mon grand-père, c’était de la construction et de l’entretien de bâtiments. À la Bastide, j’étais commis de cuisine : je cuisinais et faisais le ménage quand il y avait beaucoup de clients en été », détaille-t-il, ajoutant avoir pu « commencer à étudier » après quelques années.
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Si le jeune garçon n’a subi « aucune forme d’abus », il confie s’être « senti négligé » par sa mère. « Mon grand-père m’aimait énormément et aurait tout fait pour moi », raconte-t-il. « Mais ma mère me disait qu’elle m’aimait sans jamais le montrer. Elle priorisait ses propres intérêts, me faisant travailler à sa place, par exemple », poursuit Alex.
Mais rapidement, le jeune garçon se sent « coupé des gens » de son âge. « Je n’avais aucun ami de mon âge, aucune communication constante avec eux. Il n’y avait que des gens plus vieux, plus matures, alors que je voulais juste m’amuser, être un enfant », se souvient-il.
Un jour, Alex se pose « pour réfléchir à (s)on avenir ». « Mon futur avec ma mère, c’était le travail, personne de mon âge, pas de pièce d’identité, pas de passeport, rien de normal », se souvient-il. À l’inverse, en rentrant en Angleterre, le garçon sait qu’il pourra avoir des papiers et aller à l’université. « Il semblait y avoir beaucoup plus d’opportunités là-bas que de rester coincé dans une montagne pour le reste de ma vie », confie-t-il.
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Pendant des années, Alex pense à son départ. « Je le fantasmais à travers les films », poursuit le jeune homme, qui ajoute « mais au moment de partir, je n’avais aucune idée de ce que je faisais ». Finalement, mi-décembre 2023, il se lance et part « avec 50 euros, un manteau, mon sac à dos et mon skateboard ». « J’ai pris mon skateboard pour m’en servir comme siège pour ne pas m’asseoir par terre, et j’ai même dormi dessus à un moment », se souvient-il.
Dans la nuit du 13 décembre, il est pris en stop par un chauffeur livreur au bord d’une route dans l’Aude, qui le dépose à la brigade de gendarmerie de Revel (Haute-Garonne). C’est la fin d’un périple de six ans pour le jeune homme, qui est rapatrié en Angleterre.
Mais Alex Batty ne prend pas immédiatement conscience de la médiatisation de son affaire. « Quand j’étais dans un foyer après avoir parlé à la police, le personnel m’a dit qu’on ne pouvait pas se promener dehors à cause des médias. Je pensais que c’étaient des bêtises », raconte-t-il. « Mais quand nous sommes montés en voiture et qu’on a allumé la radio, j’ai entendu mon nom, « Alex Batty ». C’est là que j’ai compris », poursuit-il.
Les semaines suivantes, c’est le « flou total » pour l’adolescent. « Tout était nouveau, même entendre des sirènes de police ou entendre les gens parler anglais dans la rue. C’était étrange », se rappelle-t-il. Depuis, Alex Batty a « retrouvé (s)es marques ». « J’ai fait tout ce que je voulais », confie-t-il : le jeune homme a été à l’université, s’est fait des amis, a rencontré sa compagne et est même devenu père.
Est-il toujours en lien avec sa mère et son grand-père ? « Pas vraiment. Je ne peux pas parler à mon grand-père. Avec ma mère, nous avons de très rares communications par téléphone, c’est très épisodique », explique-t-il.
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