






















Les paroles « Maréchal, nous voilà » entendues dans le sud de la France, à l’occasion d’événements de commémoration de la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe. Ce chant à la gloire du chef du régime collaborationniste de Vichy, a été diffusé à Carpentras (Vaucluse) et au Canet-en-Roussillon (Pyrénées-Orientales). Dans les deux villes, l’erreur humaine est mise en avant. On vous explique.
À Carpentras, le chant « Maréchal, nous voilà » a été entendu en fin d’après-midi depuis les haut-parleurs installés dans le centre de cette ville d’environ 33 000 habitants, au milieu d’autres chansons liées à la Libération.
La chanson, créée durant l’Occupation, glorifie le Maréchal Pétain. Elle est devenue l’hymne officieux du régime de Vichy. Sur les réseaux sociaux, certains internautes s’offusquent donc de la diffusion.
Le même jour, lors d’une reconstitution de la Libération à Canet-en-Roussillon, près de Perpignan, ce même chant a été diffusé dans les enceintes installées sur le site.
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Dans la commune du Vaucluse, le maire Rassemblement national, élu en mars, Hervé de Lépinau, a rapidement indiqué que la municipalité n’était pas à l’origine de la diffusion, précisant que la précédente municipalité avait passé un contrat avec un prestataire qui a fourni la playlist pour cette journée de commémoration.
La radio associative RTV FM a confirmé qu’elle était bien chargée de la diffusion des titres ce vendredi. « La mairie n’y est pour rien, c’est un technicien qui a rajouté ce morceau » par erreur, a expliqué Alain Giraudi, président de RTV FM.
« On fait notre mea-culpa : c’est une faute interne de notre programmateur qui, en voulant faire du travail de qualité, a téléchargé un titre qu’il ne connaissait pas », a poursuivi Alain Giraudi. « Le service événementiel de la mairie nous a envoyé une playlist qui ne comportait pas ce morceau. Le programmateur l’a écoutée et a estimé que la qualité sonore était médiocre. Il est allé rechercher une playlist intitulée 1939-1945 en chansons - Le bal de la Libération », sur laquelle figurait ce morceau, mais « il dit l’avoir laissé car il l’aurait entendu dans le film Les Choristes et n’a pas fait le lien », a détaillé Alain Giraudi.
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Sur Spotify, Le Parisien a pu retrouver la playlist « 39-45 en chanson - Le bal de la Libération », où figure effectivement la chanson « Maréchal, nous voilà », chantée par André Dassary.
Le maire de Carpentras y voit une « manipulation politique ». « On salit un événement de mémoire important, la capitulation du régime nazi, et vous avez des enfoirés qui essayent de nous salir », a-t-il déploré à l’AFP, accusant le directeur de cabinet de l’ancienne majorité de gauche d’être à l’origine de cette polémique.
Ce dernier a confirmé à l’AFP qu’il avait partagé une vidéo sur X, dans laquelle on entend ce chant diffusé dans les enceintes de la ville. Mais « il faut arrêter de voir le complot partout. Je ne m’occupe plus du tout des affaires locales. Je me promenais en famille en ville quand j’ai entendu ce titre », a-t-il affirmé, assurant « ne jamais avoir été à l’origine » de sa diffusion.
Le maire, qui a annoncé à l’AFP son intention de mettre fin au partenariat avec cette radio associative, a également dit vouloir porter plainte « pour malveillance » auprès du parquet de Carpentras.
Au Canet-en-Roussillon, là aussi, les organisateurs ont plaidé l’erreur. L’association MVCG Languedoc-Roussillon, organisatrice de l’événement, a expliqué à Midi Libre, que la régie sonore utilisait une playlist consacrée aux « années 1940 » provenant d’une plate-forme de streaming. Et de regretter : « Et dans le lot, il y avait cette chanson. »
Le président de l’association, Guy Tourreilles, précise à Ici Roussillon, qu’il s’agit d’un « ingénieur du son indépendant, fourni par la mairie » et que ce dernier « n’avait pas connaissance de la portée symbolique de cette chanson ».
« La musique a été lancée au moment où le défilé a commencé à s’élancer », relate-t-il. « Ce sont des collectionneurs présents sur site qui se sont rendu compte » de l’erreur « et qui ont sauté sur l’ingénieur du son pour lui dire d’éteindre l’enceinte », poursuit le président qui assure que ce dernier l’a fait, « sans connaissance de cause ».
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