Ciblée dans un rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté, la structure nous a ouvert ses portes pour expliquer son fonctionnement. Et défendre un rôle prépondérant dans la prise en charge des cas psychiatriques les plus graves de la capitale.

« Bonjour Monsieur, savez-vous où vous vous trouvez ? On va discuter tranquillement, puis vous pourrez enfiler un pyjama. » Un homme, regard perdu, vient d’entrer à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (IPPP). Ses droits lui sont présentés par écrit ou à l’oral avant que ses affaires lui soient retirées. Entouré de trois policiers, son état n’était pas compatible avec une garde à vue, selon un premier médecin psychiatre indépendant qui l’a renvoyé vers cette structure accolée à l’hôpital Sainte-Anne, dans le XIVe arrondissement. Il pénètre donc dans ce long couloir à l’accès ultra-sécurisé, direction un entretien avec le psychiatre pour une première évaluation. Deux tiers des personnes qui sont placées ici arrivent menottées, souvent pour des faits graves commis sur autrui.
Entre 1 500 et 2 000 personnes passent chaque année par cette structure unique en France. « L’I3P », créée en 1872, reçoit des personnes en soins sans consentement, amenées par les services de police, le plus souvent dans un contexte de garde à vue interrompue (80 %), ou en raison d’un trouble avéré à l’ordre public, pour évaluer la nécessité d’une hospitalisation en psychiatrie.









































