Ciblée dans un rapport du contrôleur général des lieux de privation de liberté, la structure nous a ouvert ses portes pour expliquer son fonctionnement. Et défendre un rôle prépondérant dans la prise en charge des cas psychiatriques les plus graves de la capitale.

Paris (XIVe), mardi 28 avril 2026. L'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris fait l'objet d'un rapport très critique du contrôleur général des lieux de privation de liberté. LP/Arnaud Dumontier

Paris (XIVe), mardi 28 avril 2026. L'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris fait l'objet d'un rapport très critique du contrôleur général des lieux de privation de liberté. LP/Arnaud Dumontier

« Bonjour Monsieur, savez-vous où vous vous trouvez ? On va discuter tranquillement, puis vous pourrez enfiler un pyjama. » Un homme, regard perdu, vient d’entrer à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris (IPPP). Ses droits lui sont présentés par écrit ou à l’oral avant que ses affaires lui soient retirées. Entouré de trois policiers, son état n’était pas compatible avec une garde à vue, selon un premier médecin psychiatre indépendant qui l’a renvoyé vers cette structure accolée à l’hôpital Sainte-Anne, dans le XIVe arrondissement. Il pénètre donc dans ce long couloir à l’accès ultra-sécurisé, direction un entretien avec le psychiatre pour une première évaluation. Deux tiers des personnes qui sont placées ici arrivent menottées, souvent pour des faits graves commis sur autrui.

Entre 1 500 et 2 000 personnes passent chaque année par cette structure unique en France. « L’I3P », créée en 1872, reçoit des personnes en soins sans consentement, amenées par les services de police, le plus souvent dans un contexte de garde à vue interrompue (80 %), ou en raison d’un trouble avéré à l’ordre public, pour évaluer la nécessité d’une hospitalisation en psychiatrie.