Les signalements ont augmenté de 6 % en 2025 au numéro d’urgence européen gratuit et les mineurs concernés sont de plus en plus jeunes. Reportage à l’occasion de la Journée internationale des enfants disparus, ce 25 mai.

Tout au long de l’année, les psychologues, éducateurs  et juristes du 116 000 sont à l’écoute des familles d’enfants disparus, que ce soit pour une urgence ou les conseiller, les orienter et les soutenir. LP/Delphine Goldsztejn

Tout au long de l’année, les psychologues, éducateurs et juristes du 116 000 sont à l’écoute des familles d’enfants disparus, que ce soit pour une urgence ou les conseiller, les orienter et les soutenir. LP/Delphine Goldsztejn

Elle a « filé », s’étrangle le père. Par moments, sa voix tremblote au téléphone, monte dans les aigus, trahissant sa vive émotion lorsqu’il évoque Léa (le prénom a été changé), sa fille de 16 ans, lycéenne « blonde aux yeux bleus » avec une forte tendance à être « hypersexualisée », explique-t-il. Léa s’est échappée de la maison la veille dans le sud de Paris et depuis, pour son père, tout s’est arrêté. Il lui avait interdit de sortir. « Elle a de mauvaises fréquentations depuis des mois. »

« Votre fille a fugué, donc ? Ou peut-être est-elle avec des personnes qui la maintiennent cachée ? » le relance au bout du fil Samia, l’éducatrice chargée du dossier au 116 000, le numéro des enfants disparus dans son bureau de Malakoff (Hauts-de-Seine), coordonné et géré par Droit d’enfance.