Deux frères, la conjointe de l’un d’eux et une secrétaire ont comparu cette semaine devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour avoir loué des logements indignes à des personnes vulnérables.

Bondy, le 9 février. Les marchands de sommeil présumés louaient des appartements aménagés dans des pavillons. Ici, rue Henri-Alpy. LP/Costa Carrel Koutoulidis

Bondy, le 9 février. Les marchands de sommeil présumés louaient des appartements aménagés dans des pavillons. Ici, rue Henri-Alpy. LP/Costa Carrel Koutoulidis

« Ils ont loué l’inacceptable. » La procureur a requis ce vendredi des peines de prison allant jusqu’à quatre ans à l’encontre de la famille de marchands de sommeil présumés, jugés depuis le début de la semaine par le tribunal correctionnel de Bobigny pour soumission de personnes vulnérables à des conditions d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine mais aussi pour tentative d’expulsion à l’aide de manœuvres, voies de fait ou contrainte.

À l’appui de ses réquisitions, la procureure a dénoncé le mode de fonctionnement systématique des prévenus. « Ils achètent, louent à outrance, optimisent le moindre petit bout de logement. » Elle rappelle l’exemple de la rue Henri-Douillot, à Bondy, où un appartement enfoui à 45 % dans le sol présentait un taux d’humidité atteignant 100 %, la présence de rats, de souris et de cafards, ainsi que l’absence totale d’interventions des bailleurs.