




















C’est une victoire symbolique, qui va lui permettre de souffler définitivement. Poursuivie en diffamation par son ancien employeur, Siham Touazi a été définitivement relaxée par la cour d’appel de Versailles (Yvelines), ce mercredi. La juridiction a ainsi confirmé le verdict énoncé en première instance par le tribunal de Pontoise.
Avec ces deux décisions, la justice confirme ainsi la véracité des propos tenus en 2022 par l’ancienne infirmière du luxueux Ehpad du château, à Neuville-sur-Oise. Celle qui était alors représentante du personnel et déléguée syndicale avait dénoncé les conditions de travail de ses collègues et les conditions d’accueil des résidents.
Elle avait notamment initié une grève de 131 jours, entre février et mai, qui avait trouvé un écho national avec la sortie du livre « Les fossoyeurs », du journaliste Victor Castanet, publié pendant le mouvement.
Quatre ans après les faits, Siham Touazi voit ce jugement comme « une libération ». « C’est une grande victoire, souffle-t-elle. Cela montre que l’on ne peut pas faire ce qu’on veut. Pour moi, c’était une grosse chape de plomb sur ma tête, qui a laissé des stigmates. Une condamnation pénale, c’est inscrit au casier judiciaire. Cela aurait pu avoir un impact sur ma vie personnelle. C’est une menace qui pesait. Je suis libérée de ça. Après l’inspection du travail, l’ARS et le défenseur des droits, c’est la justice qui confirme tout ce que j’ai pu dire. Quand on lutte, on finit par gagner. » Un succès salué notamment par le député (LFI) Aurélien Taché.
Seul bémol, la cour administrative d’appel est revenue sur l’un des volets du jugement du tribunal de Pontoise, qui avait qualifié l’action du groupe comme une « procédure abusive », dommages et intérêts à la clé. Concernant cette volte-face, l’infirmière qui a obtenu le statut officiel de lanceuse d’alerte envisage de se pourvoir en cassation.
« Il manque un cadre juridique particulier pour les procédures bâillon, explique-t-elle. Il y a une absence de jurisprudence. Je coche toutes les cases du harcèlement et de la discrimination. La cassation nous aiderait à faire avancer le droit. »
L’ancienne déléguée syndicale n’en a d’ailleurs pas tout à fait fini avec son ancien employeur. Trois procédures sont encore en cours, dont deux aux prud’hommes, qui ont condamné en juillet dernier le groupe Epinomis pour « harcèlement moral » et « discrimination syndicale ». Une décision pour laquelle la société, qui a depuis revendu l’activité de l’Ehpad de Neuville, a fait appel.
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