


























À bord du « Lucky », le 16 juillet 2024, Anthony Q. et son équipage s’apprêtent à prendre la mer. Amarré ce jour-là dans le port de Cherbourg (Manche), le patron de pêche est tendu. Au téléphone, il s’agace et soupèse les risques de sa prochaine sortie au large. « Parce que bon, admettons, on se fait péter, j’ai une femme… Même pour les gars, tu vois, ils l’ont fait une fois et ils ont pas été payés. Bah, ils ne veulent pas y aller s’il y a pas d’avance… (…) T’as compris que les actes valent mieux que les paroles… »
Et le patron pêcheur de préciser à ses matelots qu’il a demandé une avance de 10 000 euros par personne pour embarquer. Cette conversation et les allées et venues incessantes d’un homme en survêtement de marque décrit comme un « Havrais » à bord du chalutier, les policiers de l’Ofast (Office anti-stupéfiants) et de la PJ (police judiciaire) de Caen (Calvados) n’en perdent pas une miette. Photographies, sonorisations, écoutes téléphoniques, tout y passe.
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