






























Encore un refus d’obtempérer qui aurait pu finir en drame. Ce mardi 14 avril, Rafik R., 41 ans, a été présenté en comparution immédiate dans un box entre deux policiers au tribunal correctionnel de Melun (Seine-et-Marne), suite à son défèrement et son placement en détention provisoire le week-end dernier.
En cause : son comportement dans la nuit du 9 au 10 avril dans la ville-préfecture du département. Poursuivi pour un refus d’obtempérer lors d’un contrôle de police rue Saint-Liesne, il aurait accéléré avant d’éviter le dispositif du stop stick, avant de prendre la voirie à contresens et de finir sa course à pied.
L’homme n’a pas été jugé en raison de la grève des avocats qui se tient jusqu’à ce mardi soir, contre le projet de loi instaurant le plaider-coupable criminel. Son procès est renvoyé au 5 juin. Un refus d’obtempérer survient toutes les 20 minutes en France, pour 28 200 faits en 2025, soit 11 % de plus qu’en 2024.
Rafik doit également être jugé pour violences sur un policier qu’il aurait tenté de percuter avec sa voiture. La tentative d’homicide n’a pas été explicitement prononcée par la présidente de l’audience. « Il ne doit sa survie qu’au fait d’avoir reculé », insiste l’avocat du fonctionnaire de police, qui dit son client « choqué ». Des faits commis en récidive légale de la part du prévenu né en Algérie et qui vit en France depuis quatre ans. Son titre de séjour est valable jusqu’à 2033.
Il est également poursuivi pour des violences sur d’autres policiers lors de son interpellation, en leur assénant des coups de pied et des coups de poing. La liste des chefs de poursuite n’est pas terminée. La justice lui reproche également d’avoir roulé dans une BMW volée malgré une annulation de son permis de conduire et d’avoir refusé de se livrer aux tests d’alcoolémie et de stupéfiants. Une tentative de vol chez un tiers, à Vaux-le-Pénil le 9 avril, lui est également reprochée.
Avant le renvoi de l’affaire, les magistrats ont évoqué son casier judiciaire qui compte 31 mentions pour des faits souvent similaires à ceux qui lui sont reprochés. Notamment quatre mois d’emprisonnement ferme pour refus du test d’alcoolémie et de stupéfiants, et deux mois de prison ferme pour refus d’obtempérer. « Je n’en suis pas fier, mais c’est du passé. J’ai déjà purgé mes peines », réagit-il dans son box.
« Il met les autres en danger, il met les forces de l’ordre en danger, et tout cela en récidive légale alors qu’il est sorti de prison le 16 février dernier », assène la procureure qui demande son maintien en détention provisoire d’ici le 5 juin.
« J’aimerais avoir une dernière chance, explique Rafik R., d’une voix peu audible malgré le micro. Quelqu’un s’est porté garant de moi dans la famille ». Au final le tribunal a décidé de le maintenir en détention provisoire en attendant son audience.
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