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Dans « Continuer Fanon », court ouvrage publié quelques jours avant son éviction de la primature, l’ex-premier ministre sénégalais plaide pour une rupture souverainiste radicale.

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Ousmane Sonko, alors premier ministre du Sénégal, s’adresse à ses partisans lors d’un rassemblement, à Dakar, le 8 novembre 2025.

« Comment achever ce que Frantz Fanon a commencé ? » Voilà la question que l’ancien premier ministre sénégalais Ousmane Sonko pose dans Continuer Fanon, un petit livre issu d’un discours prononcé en 2025, publié aux éditions Déberlinisation Lab dans une version trilingue, anglais, français et wolof. Hasard du calendrier, l’ouvrage est paru le 14 mai, quelques jours avant son limogeage par son vieux compagnon de lutte, le président de la République, Bassirou Diomaye Faye.

En se réclamant du penseur anticolonial martiniquais Frantz Fanon, Ousmane Sonko, qui reste le responsable politique le plus populaire du Sénégal – remercié de la primature, vendredi 22 mai, il a été élu, mardi, président de l’Assemblée nationale –, veut rappeler la teneur radicale de sa pensée et la nécessité d’une rupture politique profonde. C’est en partie sur l’ampleur des compromis acceptables dans l’exercice du pouvoir que s’est cristallisée l’opposition entre l’ex-premier ministre et le président, ce dernier étant considéré comme plus modéré que son mentor.

L’espoir de changements démocratiques et souverainistes porté par son parti, Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), victorieux à l’élection présidentielle de 2024, a immédiatement buté sur les difficultés : une dette publique colossale héritée du précédent régime, une grogne sociale, un contexte international houleux…

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