Les deux hommes ne se connaissaient pas avant de discuter, au début du mois d’avril, à l’auberge du Père Bise, une table gastronomique sur les bords du lac d’Annecy. D’un côté, Eric Perrot, sacré meilleur biathlète de l’hiver à seulement 24 ans, vainqueur de la Coupe du monde et triple médaillé olympique aux Jeux de Milan-Cortina, dont deux titres en relais. De l’autre, Charles Dubouloz, 37 ans, l’un des alpinistes français les plus doués de sa génération, auteur, en 2022, d’un exploit hivernal sur la face nord des Grandes Jorasses, dans le massif du Mont-Blanc.
Deux athlètes aux trajectoires différentes qui, le temps d’un déjeuner, se sont découvert beaucoup de sensibilités communes. Ils ne s’étaient jamais rencontrés, mais avaient des choses à se dire sur leurs disciplines respectives, le respect mutuel qu’ils s’inspirent, leur pratique de la montagne… Le Monde les a rejoints pour le café, dans une salle d’escalade bien connue des Annéciens. Les questions ont fusé. Des échanges passionnés, à bâtons rompus, entre deux amoureux de la montagne.
Eric Perrot, en jean bleu, basket et tee-shirt blancs, parle de sa passion dévorante pour la compétition – « Si ça n’avait pas été le biathlon, ç’aurait été dans un autre sport ». De son admiration pour les alpinistes, lui qui, grâce à des amis aspirants guides de haute montagne, a déjà quelques courses à son actif. « Quand je vois ce que font Charles et d’autres, ça donne envie de faire des petites expéditions ou des faces emblématiques », lâche-t-il.
Il vous reste 79.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.





















