L’influence de Donald Trump sur le Parti républicain s’est confirmée, mardi 26 mai, lors d’une primaire au Texas, où l’ultraconservateur Ken Paxton, soutenu par le président, l’a emporté face au sénateur sortant John Cornyn, selon des projections des médias américains. CNN l’a annoncé vainqueur dans la soirée à hauteur de 62,6 % et Fox News l’a crédité de 62,7 % des voix.
A quelques mois des élections de mi-mandat, cruciales pour le second mandat de Donald Trump, ces primaires dans cet Etat du sud très conservateur illustrent l’influence persistante du président dans les carrières politiques républicaines, même si son contrôle sur le Capitole s’effrite face à la frustration suscitée par la guerre au Moyen-Orient, le projet de salle de bal à la Maison Blanche ou encore le fonds d’indemnisation destiné à ses alliés.
La victoire de Ken Paxton, 63 ans, élu trumpiste aux positions radicales auquel Donald Trump avait apporté un soutien tardif mais décisif, risque d’accentuer le malaise chez les sénateurs républicains. Beaucoup avaient exhorté le président à soutenir le sénateur sortant, finalement sanctionné pour avoir divergé de la ligne de M. Trump.
Un dilemme pour les républicains
Le passé de l’élu ultraconservateur, empêtré dans des scandales et qui a échappé à une procédure de destitution en 2023, inquiète dans les rangs républicains. Certains craignent qu’il ne transforme une victoire acquise à la droite en une opportunité pour les démocrates de remporter un siège de sénateur au Texas pour la première fois en plus de trente ans.
Le chef de la majorité au Sénat, John Thune, a averti que s’attaquer aux sénateurs sortants pourrait avoir des conséquences lors des élections de mi-mandat, en novembre, estimant que les interventions du président pourraient rendre la mise en œuvre de son programme « plus compliquée ».
Cette primaire met une nouvelle fois en évidence un dilemme auquel sont confrontés les républicains : si le soutien de Donald Trump à un candidat peut se révéler décisif pour les élections au sein du parti, ces élus très conservateurs pourraient être moins performants en novembre.
Face à un pasteur démocrate
« Ken Paxton sera un boulet, a déclaré John Cornyn à Fox News, affirmant qu’il obtiendrait de meilleurs résultats que lui en novembre. Il pourrait bien perdre, mais même s’il ne perd pas, son avance sera si infime que cela aura probablement un effet négatif sur les autres scrutins. »
L’ultraconservateur affrontera James Talarico, pasteur démocrate qui s’est fait connaître grâce à des interviews remarquées sur le terrain des conservateurs, affirmant notamment ne pas vouloir laisser l’exclusivité du message de la Bible à la droite.
A l’annonce de la victoire de M. Paxton, ce dernier a exhorté, sur X, « les partisans du sénateur Cornyn » à le rejoindre, leur assurant « avoir toute [leur] place dans notre campagne ».
Le Monde avec AFP

















