Rien ne laisse deviner ce qui se cache derrière la vitrine opaque du Merkur, coincé entre des échoppes à vapoteuses et de prêteurs sur gages le long de Kilburn High Street, un quartier défavorisé du nord-ouest de Londres. Un écran annonce toutefois la couleur : « Ouvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre ! Jouez quand vous voulez ! » A l’intérieur, la seule lumière provient des rangées de machines à sous, qui émettent des « bip » ponctués de flashs colorés.
Une cliente arrive, munie d’une béquille. Une employée, qui la connaît par son prénom, l’aide à se hisser sur le tabouret. Elle glisse un billet de 20 livres (23 euros) dans la machine et appuie de façon répétitive sur le bouton « start », qui fait défiler sur l’écran des trèfles, des fers à cheval et des chiffres 7. Chaque partie, qui dure 2,5 secondes, lui coûte 2 livres. L’employée s’approche. « Nous avons un automate à billets au fond du magasin et, si vous atteignez votre limite bancaire, vous pouvez toujours utiliser votre carte de crédit pour acheter un ticket et continuer à jouer », glisse-t-elle. Sa collègue fait le tour de l’enseigne, un plateau muni de barres chocolatées, de bonbons et de chips servis gratuitement, à la main.
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