Un mois et demi après la large défaite de Viktor Orban lors des élections législatives, le Parlement hongrois a rejeté un projet de loi de l’ex-premier ministre visant à faire sortir la Hongrie du statut de Rome. Le retrait de ce traité fondateur de la Cour pénale internationale (CPI) devait devenir effectif le 2 juin, avant que le premier ministre conservateur européiste Péter Magyar ne présente, lundi 25 mai, un projet de loi contraire, soumis à une procédure accélérée.
Sur les 199 députés hongrois issus du récent scrutin, 133 ont voté pour le rejet de cette loi, tandis que 37 ont voté contre et 5 se sont abstenus : une large victoire pour Péter Magyar et une répartition presque parfaitement inverse à celle du premier vote sur le sujet, le 20 mai 2025, sous l’impulsion du premier ministre nationaliste d’alors − le texte proposant la sortie de la CPI avait été approuvé par 134 parlementaires ; 37 avaient voté contre et 7 s’étaient abstenus.
A l’époque, Viktor Orban avait annoncé ce projet de loi au moment de recevoir son allié le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre dans la bande de Gaza. « La Hongrie rejette fermement l’utilisation des organisations internationales, en particulier des tribunaux, comme outil politique », avait alors écrit le vice-premier ministre, Zsolt Semjen, dans le texte législatif.
Une « décision importante » selon la CPI
Il revient désormais au président hongrois, Tamas Sulyok, allié de Viktor Orban, de promulguer la loi. Vendredi 22 mai, lorsque le gouvernement hongrois a annoncé qu’il allait annuler la procédure de retrait, l’organe législatif de la CPI avait salué une « décision importante ».
Créé en 2002 et soutenu par 125 Etats membres, le tribunal basé à La Haye vise à poursuivre les individus responsables des crimes les plus graves au monde, lorsque les Etats ne veulent pas ou ne peuvent pas le faire eux-mêmes.
Depuis sa création, la Cour pénale internationale a ouvert plus de 30 dossiers pour des crimes de guerre présumés, des crimes contre l’humanité, des génocides et des infractions contre l’administration de la justice, mais elle est confrontée à un manque de reconnaissance et de moyens de coercition.
La Chine, Israël, la Russie et les Etats-Unis comptent parmi les pays qui ne reconnaissent pas la compétence de la CPI, ce qui entrave sa capacité à enquêter sur leurs ressortissants. Seuls le Burundi et les Philippines se sont retirés du statut de Rome.
Le Monde avec AFP

















