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L’ancien économiste en chef du Fonds monétaire international analyse, dans un entretien au « Monde », les implications de la crise actuelle. Favorable à des aides ciblées aux personnes ou aux entreprises, il n’est pas hostile à la taxation des superprofits, mais souligne qu’il est temps d’accepter enfin la vérité budgétaire.

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Ancien économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), professeur à l’Ecole d’économie de Paris et Senior Fellow au Peterson Institute for International Economics, à Washington, Olivier Blanchard est un économiste français reconnu internationalement pour ses travaux en macroéconomie, en politique monétaire et sur le chômage. Il a longtemps enseigné au Massachusetts Institute of Technology, où il a formé plusieurs générations de chercheurs. A l’écouter, si la crise mondiale ouverte par le blocage du détroit d’Ormuz, dans le golfe Arabo-Persique, suscite de nombreuses incertitudes, elle pourrait aussi représenter une opportunité historique pour l’Europe, à condition qu’elle engage un réel effort de réforme.

Quelle leçon économique principale le blocage du détroit d’Ormuz nous apprend-il ?

Ce blocage révèle une faille fondamentale de l’économie mondialisée : sa bonne marche est à la merci de quelques goulets d’étranglement. Ils peuvent prendre différentes formes. Ce sont d’abord des passages maritimes stratégiques, comme des détroits, mais aussi des ressources critiques, par exemple des matériaux rares indispensables. Pour fabriquer un smartphone, il faut ainsi des « ingrédients » en provenance d’une centaine de pays. Et l’absence de l’un de ces matériaux peut bloquer toute la chaîne de production. Les effets peuvent être inattendus. Ainsi, la fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné la rupture de l’approvisionnement en engrais, qui perturbe l’agriculture dans de nombreux pays.

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