La canicule se poursuit sur l’ensemble du territoire, mais commence à régresser par le nord-ouest dès ce soir, selon le bulletin de Météo-France. Outre l’Ouest, le Nord-Ouest et Paris en vigilance orange, la chaleur est très marquée sur le Sud-Ouest, le Languedoc et la vallée du Rhône avec 37,6 °C à Narbonne et 37,4 °C à Perpignan.
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20:30
« L’Etat n’est pas responsable de tout sur tous les sujets », résume un ministre à l’issue de la réunion de Sébastien Lecornu pour préparer l’été
Taxé d’« impréparation » par l’opposition, Sébastien Lecornu a réuni plusieurs ministres à Matignon, jeudi après-midi, afin de travailler à un « plan d’endurance » pour l’été, abordant l’état des nappes phréatiques, l’accueil du public ou les risques de feux de forêts.
Lors de cette réunion, le premier ministre a fait passer le message, selon des participants, que ce n’était pas à l’Etat de tout gérer – le bâti scolaire, par exemple, relève des collectivités – et qu’il mettait déjà beaucoup d’argent sur la table. « L’Etat n’est pas responsable de tout sur tous les sujets. Il y a les acteurs locaux aussi », a affirmé le ministre des transports, Philippe Tabarot, seul à s’exprimer devant la presse à l’issue de la réunion.
20:19
Les entreprises de l’eau mettent en garde contre l’ouverture des bouches à incendie, ou « street-pooling »
Les entreprises de l’eau mettent en garde contre le « street-pooling », ou l’ouverture sauvage des bouches à incendie pour se rafraîchir. « Les gens qui font ça ne se rendent pas compte qu’ils se mettent en danger eux-mêmes et qu’ils mettent en danger le bien public » de l’eau, a affirmé, jeudi, à l’Agence France-Presse (AFP), Jean-Pierre Hangouet, de la commission scientifique et technique de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E).
Si le phénomène est difficilement chiffrable, « chaque fois qu’il y a la canicule, on a une recrudescence de ces actes », a-t-il déploré. Ces derniers jours, le département de l’Oise a été touché, entraînant une mise en garde du préfet, en particulier sur les conséquences de réduction de la pression en eau pour les habitants de plusieurs communes, comme Creil, Montataire, Nogent-sur-Oise et Compiègne. Le maire de Compiègne, Philippe Marini (LR), a déploré près de dix ouvertures sauvages de bouches à incendie, soulignant qu’une personne avait été interpellée le week-end dernier en flagrant délit.
Ces ouvertures « illégales » peuvent « créer des phénomènes de coup de bélier » du fait du débit fort et soudain, « qui peuvent aller jusqu’à casser des canalisations » et donc accentuer la perte hydrique et ainsi « créer un manque d’eau localement », a souligné M. Hangouet. Par ailleurs, « c’est aussi un problème de sécurité pour ceux qui s’amusent, parce que quand vous avez de l’eau à huit bars de pression qui sort, vous pouvez être projeté », a ajouté le responsable de la FP2E. Il évoque également un risque « d’électrocution, si vous avez un geyser qui va à 20 mètres de hauteur » et atteint une ligne électrique.
De nombreux réseaux d’eau sont équipés de capteurs acoustiques, qui permettent de détecter les fuites et donc de localiser ces ouvertures de bouches d’incendie, ainsi que de capteurs mesurant la hauteur de l’eau dans les réservoirs, selon M. Hangouet. Le « street-pooling » peut être sanctionné en théorie de peines allant jusqu’à cinq ans de prison et d’amendes pouvant atteindre 50 000 euros, mais les auteurs sont rarement sanctionnés, faute de flagrant délit, selon la FP2E.
20:02 Pour approfondir
Les élus de grandes villes ou de petites communes sont à l’écoute des trois publics particulièrement vulnérables aux fortes chaleurs : les personnes âgées, les enfants et les sans-abri.
19:56
A Roland-Garros, comment la fournaise affecte la performance des joueurs
Ce n’est pas encore la chaleur suffocante de l’Open d’Australie, mais presque. Tous les jours, le mercure dépasse 30 °C et les joueurs de Rolland-Garros souffrent sous un soleil de plomb, à l’image de l’Italien Jannik Sinner, battu jeudi au 2e tour et visiblement diminué par la chaleur, à la limite de vomir. « Je ne sais pas si je souffre de déshydratation, mais je me sens mal », a dit l’Italien de 24 ans à l’arbitre, à qui il demandait un temps mort médical.
Dans des conditions tempérées, un joueur de tennis perd entre 1,5 et 2 litres d’eau par heure lors d’un match. « Quand on arrive à 33-35 °C, surtout sur des surfaces comme [celle de] Roland-Garros qui renvoient beaucoup la chaleur, on passe à 3 litres, soit le double », a expliqué à l’Agence France-Presse (AFP) le docteur François Raoux, cardiologue à l’Insep et à l’Institut médico-chirurgical Montsouris (Paris, 14e). « On ne rattrape pas la perte en buvant davantage. L’estomac va se limiter autour de 50, 60 cl de liquide par heure. La clé, c’est l’anticipation, il faut bien s’hydrater avant, pendant et après le match », a souligné ce spécialiste du sport dans des conditions extrêmes.
Les fortes chaleurs accélèrent la transpiration et par conséquent la perte d’électrolytes comme le sodium, le potassium et le magnésium, présents dans la sueur. Cette carence participe « au mécanisme de la contraction musculaire. Du fait de la chaleur, quelques joueurs vont ressentir des crampes assez rapidement, avant même d’arriver sur des efforts longs ou très intensifs », a précisé à l’AFP Tanguy Crestel, préparateur physique du Français Arthur Rinderknech (25e mondial).
Depuis le début du tournoi, il n’est pas rare de voir des joueurs en très grande souffrance, même des spécialistes de la terre battue comme le Norvégien Casper Ruud, victime d’un coup de chaud alors qu’il servait pour le gain du match au premier tour. « A la fin du troisième set, je n’étais pas capable de voir la balle. La température de mon corps était trop élevée et je n’arrivais pas à redescendre », a raconté le 16e mondial.
Selon le docteur François Raoux, les fortes chaleurs provoquent aussi une baisse de la performance cognitive des joueurs. « Le temps de réaction est diminué de près de 20 % dans le tennis. Le joueur est moins rapide, moins offensif dans le jeu », a-t-il analysé. « C’est insensé de jouer avec cette chaleur, de passer plus de quatre heures et demie sous ce soleil », a résumé le Tchèque Jakub Mensik, qui s’est effondré sur le court, perclus de crampes après sa victoire au 2e tour.
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19:06 Vos questions
Quel est le lien entre la canicule et la pollution à l’ozone ?
Bonjour Curieux,
Le pic de pollution à l’ozone est un corollaire de l’épisode de chaleur inédit que nous sommes en train de vivre. L’ozone est souvent considéré comme le « polluant de l’été » : il se forme sous l’effet combiné de la chaleur et du rayonnement solaire, à partir de réactions chimiques complexes, notamment entre les oxydes d’azote (émis principalement par le transport routier ou encore les incinérateurs) et les composés organiques volatils (industrie, produits ménagers). Cet ozone dit « troposphérique » ou « de basse altitude » ne doit pas être confondu avec la couche d’ozone, qui nous protège des rayons ultraviolets.
L’un des effets déjà perceptibles du réchauffement climatique est que la pollution à l’ozone n’est plus un phénomène limité aux villes du Sud ni à la période estivale. Les pics d’ozone sont de plus en plus précoces, dès avril ou mai, et se prolongent désormais jusqu’en septembre. A la différence des autres polluants (particules fines, dioxyde d’azote et de soufre), dont les concentrations moyennes sont en baisse depuis le début du siècle, celles en ozone stagnent et sont même de nouveau en hausse depuis 2016.
En Ile-de-France, elles ont ainsi bondi de 25 % lors de la dernière décennie, une tendance qui devrait s’aggraver à l’échelle planétaire, avec la hausse globale des températures et la multiplication des épisodes de canicule. « On a de temps en temps des épisodes de pollution à l’ozone en mai en Ile-de-France, mais aussi persistants, c’est d’habitude pendant l’été, commente Karine Léger, la directrice d’Airparif, dans l’article de notre confrère Stéphane Mandard sur le sujet. S’il devait persister jusqu’à la fin de la semaine, cet épisode serait tout à fait exceptionnel et inédit pour cette période de l’année. »
Pour une explication plus complète, nous vous invitons à lire cet article sur l’épisode de pollution à l’ozone que nous vivons :
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18:35 Vos témoignages
Les salles de classe surchauffent à travers la France, rapportent des enseignants
Vous continuez à nous témoigner de très fortes chaleurs, à plus de 30 °C, dans vos salles de classe et bâtiments scolaires à travers la France. N’hésitez pas à nous faire parvenir vos témoignages si la canicule vous affecte aussi dans le cadre de votre profession.
17:59 Urgent
Il a fait jusqu’à 37,8 °C en France jeudi, un pic jamais atteint lors d’un mois de mai, selon des données provisoires de Météo-France
La France a atteint, jeudi, un pic de chaleur encore jamais enregistré pour un mois de mai, avec des températures grimpant jusqu’à 37,8 °C à Angoulême - La Couronne (Charente), selon les données provisoires de Météo-France transmises à l’Agence France-Presse.
Il a également fait jeudi jusqu’à 37,6 °C à Narbonne (Aude) et 37,4 °C à Perpignan (Pyrénées-Orientales), soit plus que le précédent record mensuel national, qui était de 37 °C enregistrés à Sollacaro, en Corse. « A Paris, on relève 33 °C ce jeudi à 17 heures », dans une « série de huit jours (…) à plus de 30 °C, (…) inédite en mai » pour la capitale, note l’établissement public.
17:45
La France dispose encore du fonds vert pour la rénovation thermique des écoles, assure Agnès Pannier-Runacher
Questionnée sur la réponse des précédents gouvernements à l’accélération des vagues de chaleur, l’ancienne ministre de la transition écologique Agnès Pannier-Runacher a rappelé, jeudi, sur BFM-TV, que l’Etat disposait depuis 2023 d’un fonds vert et d’un « plan national d’adaptation au changement climatique » en 52 actions, dont « la rénovation thermique des écoles ». « 6 500 [écoles] ont déjà été rénovées » en France, a ajouté la députée d’Ensemble pour la République.
Ces dernières années, des outils pour s’adapter au changement climatique, comme le fonds vert, ont été fortement rabotés, en raison des contraintes pesant sur le budget : la dotation de ce dispositif très prisé des élus locaux est passée de 2,4 milliards d’euros en 2024 à près de 840 millions d’euros en 2026. Le plan d’adaptation mis en place par l’Etat avait aussi été jugé insuffisant, y compris par le Haut Conseil pour le climat.
« Ce fonds vert a été complété en 2025 par les crédits de la Caisse des dépôts, qui eux sont en constante augmentation et qui portent justement ce plan de rénovation des écoles », a argué Mme Pannier-Runacher. Les rénovations visent « à la fois à avoir des bâtiments qui sont correctement chauffés l’hiver et qui sont correctement réfrigérés l’été, (…) si on en a besoin, avec de la clim », a-t-elle complété.
17:33 Sur le terrain
Au lycée Déodat-de-Séverac de Toulouse, « dans les couloirs, on étouffe, et dans les salles de classe où on est plus de 30, c’est pire »
A Toulouse, à la pause de midi, une longue file d’élèves s’étire devant les portes du réfectoire, en plein soleil. Les jeunes de terminale qui passent les épreuves du bac pro en profitent pour faire les révisions de dernière minute. Pour Chloé, Lena et Shikina, 16 ans, la chaleur semble insupportable. « Dans les couloirs, on étouffe, et dans les salles de classe où on est plus de 30, c’est pire », râle Chloé. Elles ne passent pas aujourd’hui les épreuves de baccalauréat, car elles suivent un cursus bien particulier, en classe de seconde, « section sportive, option rugby ». Avec des horaires de cours aménagés, elles s‘entraîneront ce soir sur les terrains, comme presque tous les jours. « Vivement la fin de l’année, dit Lena. Moi, je bois au moins trois litres d’eau par jour habituellement, là ce sera bien plus ! »
Un peu plus loin, des grappes de jeunes s’extirpent des vieux ateliers qui datent de la création du lycée, en 1964. Aujourd’hui, les chaînes d’électricité ou de chaudronnerie sont bien vides car les vacances approchent. « Heureusement, les ateliers ne tournent plus vraiment au maximum. A l’époque de la construction, on ne pensait évidemment pas aux étés caniculaires et la journée aurait pu être très dure », commente le chef d’établissement, Sébastien Julé. A ses côtés, Nicolas Mercé, employé du conseil régional à la direction du patrimoine, évoque « des travaux à venir pour installer un circuit de géothermie, chaud et froid, dans le lycée ». « Mais cela prend évidemment du temps, ajoute-t-il. Là, on veille au bon déroulement des examens et pour le moment tout se passe bien dans l’ensemble des lycées de Toulouse. »
A l’entrée du bâtiment qui abrite les épreuves du jour, Virginie Brunel, proviseure adjointe du lycée professionnel et des BTS, veille à ce que les bouteilles d’eau arrivent. Tout comme les ventilateurs, au moins deux par salle. « Les élèves ne semblent pas trop perturbés, ni les encadrants, mais la situation est assez inhabituelle, c’est vrai », rassure-t-elle. Le nombre d’élèves par salle a été réduit, à une douzaine, pour éviter une surchauffe supplémentaire. A la sortie du lycée, en milieu d’après-midi, trois jeunes élèves font le bilan des épreuves et enfourchent un vélo. « Direction la piscine ! », crie l’un d’entre eux.
Philippe Gagnebet (Toulouse, correspondant)
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17:10 Pour approfondir
Alors que la France devrait connaître des températures élevées jusqu’au week-end des 30 et 31 mai, plusieurs événements sportifs se tiendront à Paris samedi et dimanche. Le gouvernement a renvoyé chaque organisateur à ses responsabilités.
« Il n’y a pas grand-chose de prévu » : entre annulation et adaptation, les organisateurs de courses à pied face à l’épisode de chaleur
Par Emile Pinaud, Delphine Roucaute
L’épisode de chaleur qui s’abat sur la France depuis quelques jours et devrait continuer jusqu’au week-end des 30 et 31 mai a suscité beaucoup d’interrogations chez les organisateurs de courses à pied. Fallait-il maintenir, annuler, adapter celles prévues samedi 30 et dimanche 31 mai ? Un choix difficile alors que deux personnes sont mortes, le 24 mai, lors de compétitions sportives d’amateurs, à Paris et Lyon, possiblement en lien avec la chaleur, et que de nombreuses autres ont été hospitalisées à Maisons-Alfort (Val-de-Marne), Menton (Alpes-Maritimes) et Royan (Charente-Maritime).
17:03
La canicule se poursuit mais commence à régresser par le Nord-Ouest, selon Météo-France
L’épisode de fortes chaleurs se poursuit vendredi, mais commence à régresser dès jeudi soir par le nord-ouest du pays, d’après le bulletin de Météo-France de 16 heures. Ce jeudi devrait être la journée la plus chaude de cet épisode caniculaire à l’échelle de la France. Outre l’Ouest, le Nord-Ouest et Paris en vigilance orange, la chaleur est très marquée sur le Sud-Ouest, le Languedoc et la vallée du Rhône.
Jeudi après-midi, les températures affichent des niveaux particulièrement élevés et certaines stations relèvent à nouveau des valeurs encore jamais atteintes pour un mois de mai. A 15 heures, il faisait 37,2 °C à Perpignan, 36,6 °C, à Bordeaux, ou encore 36 °C à Niort.
Vendredi, la chaleur commencera à régresser par le nord-ouest, permettant une levée progressive de la vigilance orange d’abord sur le Finistère, les Côtes-d’Armor et la Manche puis sur le Morbihan, l’Ille-et-Vilaine et la Mayenne. La chaleur restera présente sur le Centre-Ouest et s’accentuera même en direction du Nord/Nord-Est. A Paris, les températures atteindront encore 34/35 °C. Côté orages, ils toucheront principalement vendredi le Nord, la région PACA et la Corse.
16:45
Dans les Landes, une école ferme ses portes jeudi et vendredi, avec plus de 50 °C en intérieur
Une école élémentaire de Soustons (Landes) ferme ses portes jeudi et vendredi après-midi pour préserver les enfants d’une chaleur extrême, après que la canicule y a fait monter la température à 53 °C en début de semaine. Mardi, il faisait plus de 30 °C à l’extérieur de l’école élémentaire de l’Isle-Verte, mais le mercure montait en flèche sous la longue verrière qui traverse tout le bâtiment, selon Florian Deygas, premier adjoint au maire chargé de l’éducation.
« Il y a même eu un malaise et des vomissements », ajoute l’élu. Les fenêtres de cette école conçue en 1984, qui accueille aujourd’hui environ 350 élèves de 6 à 11 ans, sont en outre « isolées avec du simple vitrage ». Jeudi et vendredi, alors que des températures élevées sont encore attendues dans ce département placé en vigilance jaune par Météo-France, l’école fermera ses portes à midi sur décision de la municipalité, qui donne accès gratuitement à la piscine municipale aux familles concernées.
En attendant que des travaux de réhabilitation du groupe scolaire soient effectués, sujet qui a été au cœur de la campagne des élections municipales dans cette commune littorale de plus de 8 000 habitants, « il va falloir tenir au moins deux ans », estime l’adjoint. Camille, 39 ans, venue déposer l’une de ses filles jeudi matin à l’école, se demande « pourquoi les investissements n’ont pas été faits avant ». La nouvelle équipe municipale, installée en mars, a commencé à installer des brumisateurs sous le préau. « On a été surpris par cette vague de chaleur mais l’idée c’est de continuer à mettre des brumisateurs, de faire classe en extérieur, de trouver des solutions », avance Florian Deygas.
16:29
Le Portugal a battu mercredi un record de chaleur pour un mois de mai
Le Portugal, lui aussi touché par la vague de chaleur précoce, a établi un nouveau record de chaleur pour un mois de mai, avec une température maximale de 40,3 °C enregistrée mercredi à Mora, dans le centre du pays, a annoncé, jeudi, l’agence météorologique nationale, en précisant que le précédent record, de 40 °C, remontait à mai 2001.
Selon l’agence météo portugaise, le pays ibérique est traversé depuis le 20 mai par une vague de chaleur qui a une « forte probabilité » de s’étendre jusqu’à début juin. « L’actuelle vague de chaleur pourrait devenir la plus longue (…) et la plus intense du mois de mai », a prévenu dans un communiqué l’Institut portugais de la mer et de l’atmosphère (IPMA).
La plupart du territoire portugais avait été placé mercredi et jeudi en vigilance jaune en raison de cet épisode de chaleur persistante, qui a accru l’affluence dans les hôpitaux, selon la ministre de la santé, Ana Paula Martins.
16:24 Vos questions
Les vagues de chaleur pourraient coûter cher à l’économie européenne, selon une étude
Bonjour Lili,
Une étude publiée jeudi par Allianz Trade répond justement à votre question. Selon cette filiale de l’assureur allemand Allianz, spécialisée dans l’assurance-crédit, les vagues de chaleur extrême « apparaissent comme un risque économique structurel, auquel l’Europe est particulièrement exposée ». Ainsi, la croissance économique des pays les plus exposés pourrait être amputée de 5 % à 7 % au total sur 2026-2030, estime-t-elle, sur la base de la reproduction sur cette période des cinq années les plus chaudes observées entre 2014 et 2024.
Ces pertes cumulées atteindraient 240 milliards de dollars en France, 147 milliards en Italie, 131 milliards en Allemagne et 120 milliards en Espagne. Allianz Trade identifie « un seuil critique » d’environ 30 °C, au-delà duquel les pertes de productivité s’intensifient rapidement. Ainsi, « la production horaire diminue d’environ 1,3 dollar pour chaque degré dans la fourchette de 30 à 35 °C », soit « environ 3 % de la production horaire moyenne » sur 2014-2024. « En l’absence de stratégie d’adaptation adaptée, la part des heures de travail perdues en raison du stress thermique devrait passer de 1,4 % en 1995 à 2,2 % d’ici 2030. »
Cette baisse de productivité pèse sur la rentabilité des entreprises, qui voient parallèlement leurs coûts s’élever, la consommation énergétique augmentant d’environ 1,2 % par degré. Les revenus, la consommation des ménages et les investissements en pâtissent progressivement, avec une possible « dynamique stagflationniste » : prix et chômage en hausse.
Et puisque vous mentionnez le Trésor public, outre une production économique moindre, les vagues de chaleur mettent aussi les budgets des Etats sous tension en réduisant les recettes fiscales, jusqu’à 1,8 % par an en France, estime l’assureur. « Parallèlement, les transferts indexés sur l’inflation, les coûts de santé et la réparation d’urgence des infrastructures font augmenter les dépenses publiques », lit-on dans l’étude. Allianz Trade évalue à environ 0,5 % du produit intérieur brut (PIB) par an en moyenne la détérioration des soldes budgétaires, c’est-à-dire la différence entre les recettes et les dépenses. La France pourrait ainsi voir son déficit public se dégrader de 2,2 % de PIB supplémentaires.
Les vagues de chaleur ont été multipliées par sept depuis les années 1980, et le nombre moyen de morts par épisode a été quintuplé, rappelle l’étude.
16:02
Lire aussi :
15:43 Vos témoignages
La chaleur devient insupportable dans les salles de classe, selon des enseignants
A vous écouter, il semble qu’il fasse très chaud dans les salles de classe en ce moment, tout particulièrement pour les lycéens en filière professionnelle, dont les épreuves du bac ont commencé ce jeudi. De nombreux enseignants nous signalent des conditions de travail difficiles dans les établissements scolaires dépourvus de climatisation. N’hésitez pas à continuer à nous faire parvenir vos témoignages.
15:22 Sur le terrain
A Toulouse, les épreuves du bac pro au rythme des ventilateurs
« Je me souviens d’avoir dû déplacer des épreuves de brevet des collèges en 2016, à cause de fortes chaleurs, mais aujourd’hui, on s’était préparés. » Des épreuves de baccalauréat professionnel se tiennent ce jeudi au sein du lycée Déodat-de-Séverac, à Toulouse. Son chef d’établissement, Sébastien Julé, a donc « scruté la météo dès la semaine dernière » car « c’est inconcevable de déplacer ce jour d’examens », dit-il.
Avec 2 100 élèves, en enseignement général et professionnel, le grand établissement paré des briques roses locales s’est réveillé sous une température de 24 °C. Vers 13 heures, le thermomètre atteignait 34 °C. Les salles prévues pour les épreuves ont donc été déplacées dans une aile moins surchauffée de l’établissement, moins exposée au sud. A l’entrée des salles d’examen, ou des salles pour les temps de repos, des professeurs distribuent des bouteilles d’eau. A l’intérieur, les ventilateurs tournent en continu.
« Il fait moins de 30 °C dans la salle, ça va ! », lance une professeure de français qui a ramené des thermomètres de chez elle. « Mardi dernier, il faisait 33 °C dans ma salle. Heureusement, on a paré au plus vite », constate une autre enseignante. « Il est hors de question d’installer des climatisations, donc on a recours au système D », explique le chef d’établissement. Cette nuit, les internes ont ouvert les fenêtres des dortoirs et, toute la journée, les grandes portes vitrées du bâtiment, où se tiennent les examens, sont ouvertes puis refermées, pour créer des courants d’air.
Aux alentours de midi, les élèves en bac pro, ou ceux des autres filières, se retrouvent sous un immense préau ombragé. Pour David et Yliès, tous deux en classe de Terminale, l’épreuve de français s’achève. « On sent la chaleur, mais c’est supportable, on verra bien cet après-midi », dit David. Vers 14 heures, le thermomètre avait déjà dépassé 35 °C dans les rues de la Ville rose. Et les épreuves vont se poursuivre jusqu’à 18 heures.
Philippe Gagnebet (Toulouse, correspondant)
14:47 Pour approfondir
Faut-il donner des noms aux canicules, comme Lucifer ou Zoe, pour mieux s’y préparer ?
Par Audrey Garric
La chaleur a ses records et ses morts. Doit-elle avoir aussi des prénoms ? Alors que la France connaît un épisode caniculaire aussi intense que précoce, long et étendu, une proposition progresse dans certains milieux scientifiques et politiques : baptiser les vagues de chaleur comme on nomme les ouragans ou les tempêtes. Une manière, selon ses défenseurs, de rendre visible un danger encore sous-estimé et de mieux s’y préparer. Une stratégie de communication risquée, rétorquent d’autres chercheurs, qui doutent de son efficacité réelle.
14:00 L’essentiel
Le point sur la vague de fortes chaleurs, jeudi 28 mai à 14 heures
- La vigilance orange canicule s’étend à Paris et à sa petite couronne. Météo-France porte à 17 le nombre de départements en alerte orange en raison de vagues de chaleur jeudi et qualifie de « précoce » cet épisode caniculaire.
- Sébastien Lecornu présidera jeudi à 16 h 15 une réunion interministérielle sur la canicule, où seront abordées les questions relatives à l’accueil du public, à l’état des nappes phréatiques, aux risques de feux de forêt.
- Les fermetures d’écoles doivent « demeurer exceptionnelles et proportionnées », a déclaré le ministère de l’éducation nationale dans son guide de gestion des vagues de chaleur.
- Un forfait antipollution à 5,10 euros par jour a été mis en place en Ile-de-France par la régie des transports pour encourager l’utilisation des transports en commun.
- Les concentrations d’ozone dans l’atmosphère devraient dépasser 180 microgrammes par mètre cube vendredi en Ile-de-France, selon l’agence Airparif. Cette pollution atmosphérique peut générer des gênes respiratoires, surtout dans les populations vulnérables.
- Rome, Bologne, Florence et Turin sont placés en alerte rouge canicule par les autorités italiennes. Le niveau 3 correspond à « une situation d’urgence (vague de chaleur) susceptible d’avoir des effets néfastes sur la santé des personnes en bonne santé et actives », détaille le ministère de la santé italien.
13:19 Vos questions
La fermeture d’écoles doit « demeurer exceptionnelle et proportionnée », selon le ministère de l’éducation nationale
Bonjour Aballala et merci pour votre question.
Le ministère de l’éducation nationale a publié jeudi son plan de gestion des vagues de chaleur. On peut y lire notamment que la fermeture d’établissements scolaires en raison d’épisodes de canicule ne doit être choisie qu’en dernier recours, lorsque aucune solution ne permet d’accueillir les élèves en toute sécurité.
« Si aucune modalité d’aménagement ne permet l’accueil des élèves et des personnels en toute sécurité, l’établissement peut être fermé à l’issue d’un dialogue entre le préfet, les autorités académiques et le maire. Cette mesure est par nature exceptionnelle et proportionnée, pour préserver la continuité du service et la continuité pédagogique », précise le document.
Les académies doivent, par ailleurs, veiller à la mise en œuvre coordonnée des mesures de protection des personnels et élèves et à l’adaptation du fonctionnement des établissements.


















