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Immédiatement après l’annonce de la décision de son conseil d’administration, le titre du géant pétrolier britannique a reculé de plus de 9 % à la Bourse de Londres, et perdait plus de 6 % en début d’après-midi, mardi 26 mai.

Un panneau de station-service BP, à Marietta, en Géorgie (Etats-Unis), le 12 septembre 2023.

La multinationale pétrolière britannique BP a annoncé, mardi 26 mai, le vote « à l’unanimité » de son conseil d’administration pour évincer, « avec effet immédiat », son président, Albert Manifold, en raison « de graves préoccupations » liées à l’exercice de ses fonctions, en un nouveau coup de théâtre à la tête d’un groupe chahuté ces dernières années.

« Le conseil a été surpris et déçu d’apprendre l’existence de problèmes de supervision en matière de gouvernance et de conduite qu’il juge inacceptables, et il a pris des mesures décisives », a expliqué Amanda Blanc, l’une des administratrices, citée dans le communiqué, qui ne détaille pas les faits reprochés à M. Manifold.

Le titre perdait plus de 6 % à la Bourse de Londres en début d’après-midi, après avoir reculé de plus de 9 % immédiatement après cette annonce.

Un désaveu des actionnaires

Agé de 63 ans, M. Manifold avait pris ses fonctions à la tête du conseil d’administration de l’entreprise en octobre 2025, à la place du Norvégien Helge Lund, dans le cadre d’une vaste révolution interne. Après une tentative de virage vert, BP a renoncé en 2025 à la quasi-totalité de ses engagements climatiques, afin de privilégier les hydrocarbures.

Une nouvelle directrice générale, l’Américaine Meg O’Neill, a pris ses fonctions début avril avec pour mission de mettre en œuvre un plan de recentrage radical sur les hydrocarbures et de réduction des coûts. Mais, à peine en poste, elle a dû faire face, lors de l’assemblée générale annuelle, à un désaveu cinglant de ses actionnaires, qui ont largement rejeté deux résolutions vues comme un recul de transparence, notamment sur sa stratégie climatique.

Le géant britannique, dont les performances ont décroché ces dernières années par rapport à celles de ses rivaux, a vu son bénéfice annuel fondre de 86 % en 2025 – après avoir déjà chuté à pic un an plus tôt –, plombé par la baisse des prix du pétrole et une lourde charge liée à la transition énergétique.

Un « contributeur important au redressement » du groupe

Albert Manifold, qui a auparavant exercé comme directeur général du géant des matériaux de construction irlandais CRH de 2014 à 2024, avait pour sa part affronté un coup de semonce personnel, la résolution sur son élection ayant reçu plus de 18 % de votes défavorables.

Le désormais ex-président « était considéré comme un contributeur important au redressement récent du groupe », a expliqué à l’Agence France-Presse Richard Hunter, analyste chez Interactive Investor.

Selon lui, « une certaine incertitude pourrait persister tant que les détails ayant conduit à son départ ne sont pas connus », mais le conseil peut espérer avoir agi assez rapidement pour « lever tout doute sur le fait que les défaillances pourraient être plus largement répandues au sein du groupe ». L’administrateur Ian Tyler a été nommé par le conseil pour assurer l’intérim, jusqu’à la nomination du successeur de M. Manifold.

Le Monde avec AFP