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Le cofondateur du Parti du sauvetage national du Cambodge avait été arrêté en 2017 et accusé d’avoir comploté avec des agents étrangers dans le but de renverser le gouvernement de Hun Sen. Ce qu’il a toujours contesté.

Kem Sokha, peu avant sa condamnation pour trahison, à Phnomh Penh, en 2023.

Kem Sokha va pouvoir sortir de sa résidence surveillée de Phnomh Penh. Après avoir été arrêté en 2017, puis condamné en 2023 à vingt-sept ans de prison pour trahison, le principal opposant au pouvoir en place a été gracié par l’ancien premier ministre cambodgien, Hun Sen, qui a annoncé la nouvelle lundi 25 mai.

Il « est gracié », a-t-il écrit dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux et accompagné d’un décret royal signé de sa main. Président du Sénat et père de l’actuel premier ministre, Hun Manet, Hun Sen reste une figure influente de la vie politique au Cambodge, qu’il a dirigé pendant près de quatre décennies.

« Résoudre ce problème dans un esprit de conciliation, par le dialogue entre Khmers, est la meilleure option dans l’intérêt de la nation et du peuple cambodgien », a réagi, de son côté, Kem Sokha, cofondateur du Parti du sauvetage national du Cambodge, dont la dissolution avait été actée en 2017.

Toujours interdit de quitter le Cambodge

Aujourd’hui âgé de 72 ans, l’opposant politique avait été reconnu coupable d’avoir comploté avec des agents étrangers dans le but de renverser le gouvernement de Hun Sen. Il a toujours contesté les accusations. Ces dernières années, plusieurs organisations non gouvernementales de défense des droits humains lui ont apporté leur soutien, arguant que les poursuites engagées contre Kem Sokha visaient à l’écarter de la vie politique après les gains électoraux enregistrés par son parti.

Plusieurs d’entre elles ont ainsi dénoncé, le 30 avril, le rejet par un tribunal cambodgien de l’appel interjeté par Kem Sokha contre sa condamnation. « Les élections communales de 2027 et les élections nationales de 2028 n’auront aucune légitimité, tant que le gouvernement utilisera les tribunaux pour punir injustement ses opposants politiques », avait commenté Bryony Lau, directrice adjointe de la division Asie de Human Rights Watch. Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, s’était lui-même dit « profondément préoccupé » par le rejet du recours judiciaire.

La grâce accordée à Kem Sokha n’annule toutefois pas une peine supplémentaire qui lui a été infligée le 30 avril et qui lui interdit de quitter le pays pendant cinq ans, d’après le décret royal. Dans une lettre datée de lundi et adressée à la cour d’appel, il a ainsi expliqué qu’il n’était « pas satisfait », mais qu’il ne saisirait pas la Cour suprême pour autant.

Le Monde avec AFP