« De tourbe et d’os » (Bog Queen), d’Anna North, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Lou Gonse, Phébus, 272 p., 23,50 €, numérique 17 €.
Très remarquée à la parution de Vie et mort de Sophie Stark (Autrement, 2015), son premier roman traduit en français, Anna North avait suscité l’admiration pour l’habileté avec laquelle elle faisait cohabiter, dans un récit à l’efficacité narrative certaine, les points de vue multiples sur une héroïne dont aucun discours n’épuisait le mystère. Sans renoncer aux ressorts propres à tenir le lecteur en haleine, la journaliste américaine, diplômée de l’Iowa Writers’Workshop, l’« atelier des écrivains » de l’université de l’Iowa, proposait un texte kaléidoscopique aussi retors que brillant.
De tourbe et d’os, le troisième de ses romans publiés en France, après Hors-la-loi (Stock, 2022), n’a pas le caractère virtuose de ses précédents ouvrages. Sa construction paraît même assez convenue – une alternance régulière entre l’histoire d’une jeune druidesse née en Grande-Bretagne, il y a près de deux mille ans, et celle d’une anthropologue spécialisée en médecine légale, chargée d’identifier le corps d’une jeune femme, retrouvé presque intact, de nos jours, dans une tourbière du nord de l’Angleterre. Le lien entre les deux histoires se devine vite. Et les chapitres qui s’intercalent de temps en temps pour donner la parole aux mousses des tourbières, s’ils surprennent un peu au début, ne modifient pas profondément le cours du récit.
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