Le message n’est pas nouveau mais il prend une acuité particulière à moins d’un an du premier tour de la présidentielle. Dans un rapport rendu public mercredi 27 mai, la Cour des comptes exhorte, pour la énième fois, le pouvoir en place à résorber le déficit de la Sécurité sociale. Pour les magistrats de la rue Cambon à Paris, il faut « programmer, sans tarder le retour à l’équilibre » de notre système de solidarité, dont les finances sont déjà très dégradées et que les retombées de la guerre en Iran fragilisent plus encore.
L’« effort » à consentir « peut s’envisager » en prenant à bras-le-corps trois dossiers, parmi lesquels les retraites : le solde négatif entre les recettes et les dépenses ne doit pas « s’installer durablement ». La haute juridiction se garde de recommander des solutions précises car les « modalités d’ajustement relèvent de choix politiques et sociaux » qu’elle n’a pas à trancher. Mais les candidats à l’Elysée se voient ainsi invités à y réfléchir de façon pressante sur un sujet explosif.
Même si les chiffres sont connus, ils donnent toujours un peu le vertige. En 2025, le déficit de la « Sécu » a doublé par rapport à son niveau de 2023, atteignant 21,6 milliards d’euros, ce qui est sans précédent dans un contexte où il n’y a ni récession économique ni crise sanitaire. Pour cette année, le gouvernement de Sébastien Lecornu table sur une – légère – amélioration, avec une jauge qui redescendrait à – 19,4 milliards grâce, principalement, à « une augmentation des prélèvements sociaux » et à « une hausse des transferts de l’Etat » vers les régimes de solidarité.
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