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Fidèle entre les fidèles de M. Sonko, le président de l’Assemblée sénégalaise, El Malick Ndiaye, a annoncé sa démission, dimanche. L’ex-chef du gouvernement, démis de ses fonctions vendredi, semble tout désigné pour lui succéder.

Ousmane Sonko acclamé par ses partisans à son arrivée à son domicile de Dakar le 23 mai 2026, après avoir été démis de ses fonctions de premier ministre du Sénégal.

A peine limogé de son poste de premier ministre, Ousmane Sonko devrait retrouver rapidement des fonctions politiques. Le président de l’Assemblée sénégalaise, El Malick Ndiaye, a annoncé, dimanche 24 mai, sa démission, ouvrant la voie à l’élection au perchoir de M. Sonko, leader incontestable du Pastef, largement majoritaire au parlement.

« Cette décision procède d’un choix personnel, guidé avant tout par ma conception des institutions, de la responsabilité publique et de l’intérêt supérieur de la Nation », a affirmé, sur son compte Facebook, El Malick Ndiaye, proche de l’ex-premier ministre, sans donner plus de précisions sur les raisons de son départ.

El Malick Ndiaye, fidèle entre les fidèles de M. Sonko, avait été élu président de la 15e législature du Sénégal au lendemain de la large victoire de leur parti, le Pastef, avec 130 sièges sur 165 en novembre 2024. Les députés sont convoqués en séance plénière mardi à 9 heures, afin de voter la « réintégration du député Ousmane Sonko » et d’élire le prochain président de l’Assemblée nationale, selon un document officiel publié dimanche soir.

Tensions avec le président Faye

Vendredi, le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, s’était séparé de son premier ministre et ancien compagnon de lutte, le charismatique Ousmane Sonko, après des mois de tensions entre les deux hommes, arrivés au pouvoir en avril 2024 à la faveur d’un immense espoir populaire.

Le président Faye est redevable de son poste à son ancien mentor, qui avait été empêché de se présenter à la présidentielle en raison d’une condamnation pour diffamation ayant entraîné la perte de ses droits civiques. M. Sonko avait alors désigné son bras droit, Bassirou Diomaye Faye, pour le remplacer dans la course.

Avec une rhétorique panafricaniste, M. Sonko avait suscité un engouement passionné parmi la jeunesse désabusée du Sénégal, après des mois d’un bras de fer avec le pouvoir de Macky Sall, président de 2012 à 2024, qui avait violemment réprimé des manifestations contre lui et contre la possibilité qu’il brigue un troisième mandat.

A peine sorti de prison à la faveur d’une loi d’amnistie en mars 2024, le tandem avait alors fait campagne sur le slogan « Diomaye Moy Sonko », soit « Diomaye c’est Sonko » en wolof. Depuis, les signes de dissensions se sont multipliés sur la place publique jusqu’à la rupture consommée vendredi soir.

Les tensions ont commencé à émerger en juillet 2025 lorsque le bouillonnant premier ministre s’en était vivement pris au président Faye, fustigeant un « problème d’autorité » dans le pays. Début mai, le président avait critiqué la « personnalisation excessive » de son premier ministre au sein du parti au pouvoir. « Tant qu’il reste premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance », avait-il déclaré dans une interview télévisée.

Difficultés économiques

Quelques heures avant son limogeage, le premier ministre avait critiqué M. Faye lors d’une intervention à l’Assemblée nationale, à propos du contrôle et de la transparence des fonds politiques, des sommes d’argent dont l’utilisation se fait à la discrétion du président. Par ailleurs, M. Sonko critiquait régulièrement la lenteur des poursuites contre d’anciens responsables sous l’ex-président Sall, qu’il accuse de corruption.

Se pose désormais la question de la possibilité pour le président de pouvoir gouverner et passer des réformes dans le pays qui fait face à de graves difficultés économiques.

Signe de l’assise populaire du leader du Pastef, vendredi soir, des centaines de militants ont convergé vers le domicile dakarois de M. Sonko, donnant à son limogeage des allures de victoire.

Le président doit désormais nommer un premier ministre, qui doit être approuvé par les députés au plus tard trois mois après sa nomination. Toutefois, il ne pourra pas dissoudre l’Assemblée nationale avant le mois de novembre, soit deux ans après l’élection de cette législature.

Le Monde avec AFP